Attention aux Plateformes Juridiques en Ligne !

La digitalisation et l'ouverture légalisée de la publicité pour les professions réglementées (Avocats, Notaires et Expertises Comptables) ont bouleversé ces secteurs professionnels, comme bien d'autres avant eux.

Malheureusement, les acteurs institutionnels - au-delà d'un discours amical et d'actes symboliques (Incubateur du Barreau de Paris) - n'ont pas encore pris la mesure de ce bouleversement : littéralement aucun acteur institutionnel, Barreau, Syndicat d'Avocat, Université, Corps Enseignant - à l'exception notable du professeur Jean Gasnault avec "Open Law" - n'était officiellement présent lors du premier salon Legal Tech fin 2016.

Dès lors, une pluralité d'acteurs s'est lancée dans ce nouveau "marché" avec des intentions très diverses, parfois hostiles ou néfastes, contre les Avocats mais aussi au dépens des justiciables.

Nemo Jus a donc effectué un panorama non exhaustif des "Legals Tech" et autres types d’acteurs, avec pour chacun, une appréciation objective émanant de Professionnels du Droit des insuffisances de ceux-ci :

Photographie du milieu professionnel Juridique en ligne
et plus particulièrement des "Legal Tech"

1. Les Annuaires et Palmarès de Cabinets d’Avocats :

a) Les Annuaires Publiques et Officiels des Ordres et Barreaux :
- Peu de transparence tarifaire (Prix à la consultation le plus souvent) ;
- Aucun jugement / avis critiques sur les Avocats ;
- Aucun listing personnalisé des Avocats sinon par ordre alphabétique et par lieux (interdiction logique de prendre parti pour tel ou tel Professionnel) ;
- Mention de Spécialisation des Avocats peu précise, voir discriminatoire contre les petites structures et jeunes professionnels.

Exemple : un Avocat diplômé en Master / en thèse de Droit Fiscal ne pourra néanmoins pas apparaître avec la mention "Droit Fiscal" au sein de l’annuaire du Barreau.
Il ne pourra apparaître que sous la mention générale "Droit fiscal et droit Douanier" même s’il n’a jamais fait de Droit Douanier.
Pour obtenir cette mention de Droit fiscal, il devra en effet obtenir du barreau un "Certificat de spécialisation", c’est-à-dire passer un entretien, payer une inscription de près de 1 000 euros, et cumuler quatre années d’expériences professionnelles.
Ceci étant valable pour chaque spécialité, l’annuaire publique du barreau a donc la prime d’antériorité mais pas nécessairement celle de la pertinence.

b) Les Annuaires "Privés" en ligne et surfacturés (appartenant à de grands groupes) :
- Visée lucrative à court terme, aucune considération pour les Professionnels ;
- Non ciblés et non objectifs (ciblage orienté commercialement et en fonction du budget de chacun) ;
- Ne favorise que les Cabinets avec fort budget publicitaire.

Exemple : Déclinaison du site de Consultation de Voyance par téléphone "AstroCenter" appliqué aux Avocats : Wengo.fr/juridique et JuriTravail.com crées sur base de Wengo.fr/voyance-astrologie
(Groupe MyBestPro, appartenant à Vivendi ©)

c) Les Palmarès de Cabinets d’Avocats
Malgré toutes les critiques objectives qui peuvent leurs être faites, notamment sur leurs honoraires abusifs côté Client et leurs rémunérations a minima côté Collaborateur, les gros Cabinets "Big 4" type La Défense ne peuvent objectivement être remis en cause sur la qualité et le volume de travail fournis in fine à leurs Clients. Pourtant peu apparaissent dans les Palmarès de Cabinets d’Avocats.

Pourquoi ? Tout simplement parce que ces Palmarès doivent être interprétés comme à des fins uniquement publicitaires. Y apparaître entraine un coût annuel prohibitif pour les Cabinets, tel un budget publicitaire d’acquisition de nouvelles Clientèles. Or certains Gros Cabinets semblent bénéficier d’ores-et-déjà d’une notoriété suffisante qui n’appelle pas à dégager des dépenses accrues de publicités.

Dès lors, quelle est la pertinence globale des Palmarès de Cabinets d’Avocats si nombre des figurants y sont référencés sur simple demande rémunérée ?

2. Les Plateformes de mise en relation avec un Avocat, un Expert-Comptable :

Actuellement pensées par des profils Ecoles de Commerce / Informatiques (à l'exception notable de "Mes Droits Mon Avocat.fr" et de "Call a Lawyer"),
elles ont pour principal problème de créer 9 fois sur 10 des "faux - positifs", c'est-à-dire des "faux Matching" payants, et donc de la frustration vis-à-vis du Professionnel, en plus de perdre de l’argent et du temps.

Explication :
- Comme c’est au Client de qualifier juridiquement et exhaustivement sa recherche, nombre d’avocats sont informés d’une requête mal qualifiée et supposément en adéquation ;

- Après achat des coordonnées, envoi chronophage d’un email de prise de contact, puis d'un coup de téléphone non facturé sur base d’information Clients / Prospects fausses ou lacunaires, l’Avocat ne traitera pas le dossier 9 fois sur 10, pour différentes causes inhérentes aux défauts de cette approche "Plombier.com" appliqué au secteur juridique, comme notamment la difficulté pour tout justiciable de qualifier juridiquement le domaine précis de sa recherche.

Par ailleurs, certaines s’avèrent simplement illégales, avec aucun processus de vérification des profils des professionnels inscrits, où un Juriste avec un faux nom peut tout à fait apparaître en tant que prestataire de "services juridiques" .

3. Les Sites robots générateurs automatiques de contrats :

- Pensés CONTRE les Professionnels (au-delà de leurs infimes partenaires) ;
- Générateurs de contrats lacunaires, remplis par le seul jugement juridique critique du Client non Juriste ;
- Dans l’absolu peut être pertinent uniquement comme base de travail pour le professionnel Avocat, mais qui doit impérativement y apposer son regard critique ;
- Véhiculent un sentiment mensonger de fausse accessibilité du Droit facile, rapide et pas cher.

=> Véritable bombe à retardement juridique en cas de contentieux si pris comme tel par les Clients. Dans le cas d'un contentieux en justice : délai pour régler le problème juridique de l'ordre de l'année et recours obligatoire à un Avocat.